Publié le 15 mars 2024

La suppression efficace des franges violettes va au-delà d’une simple case à cocher ; elle exige une compréhension de la physique de votre objectif pour appliquer une correction logicielle chirurgicale et non-destructive.

  • Les aberrations chromatiques sont un défaut physique dû à la dispersion de la lumière, que les objectifs de meilleure qualité (verres ED, apochromatiques) minimisent à la source.
  • Une correction efficace en post-traitement doit être locale et ciblée (pipette, masques) pour ne pas altérer les couleurs naturelles du reste de votre image.

Recommandation : Avant toute correction logicielle, la meilleure prévention est de connaître le « sweet spot » chromatique de votre objectif en testant à différentes ouvertures pour identifier celle qui produit le moins d’aberrations.

Cette fine ligne violette ou pourpre qui borde les branches d’un arbre se découpant sur un ciel lumineux est une frustration familière pour tout photographe de nature. Vous avez capturé une lumière magnifique, une composition parfaite, mais ce défaut optique, l’aberration chromatique, vient gâcher la netteté de votre image. Le premier réflexe est souvent de chercher la case « Supprimer l’aberration chromatique » dans son logiciel de développement, en espérant une solution magique. Parfois, cela fonctionne. Souvent, le résultat est partiel, voire pire, il dégrade d’autres parties de l’image.

Les conseils habituels se limitent à « fermer le diaphragme » ou à « acheter un meilleur objectif », des solutions valables mais peu utiles une fois la photo prise. D’autres problèmes, comme les halos disgracieux issus d’un traitement HDR un peu trop poussé, peuvent même créer ou amplifier ces liserés colorés. Mais si la véritable clé pour maîtriser ces franges n’était pas de simplement les effacer, mais de comprendre leur origine physique ? Penser comme un ingénieur en optique permet non seulement de les corriger avec une précision chirurgicale, mais aussi de les anticiper à la prise de vue.

Cet article propose une approche holistique. Nous allons d’abord déconstruire la science derrière la formation de ces franges pour comprendre pourquoi certains objectifs y sont plus sujets. Ensuite, nous explorerons les méthodes de correction logicielles, des plus simples aux plus avancées, en insistant sur les erreurs à ne pas commettre. Enfin, nous aborderons les choix matériels et les techniques de prise de vue préventives pour reléguer ce problème au rang de mauvais souvenir.

Pour vous guider à travers cette expertise optique et logicielle, cet article est structuré pour vous mener de la cause fondamentale à la solution la plus adaptée à votre situation et à votre matériel.

Pourquoi les objectifs bon marché créent-ils plus d’aberrations chromatiques ?

Le phénomène des franges colorées n’est pas un défaut numérique, mais une loi fondamentale de la physique optique. La lumière blanche est en réalité un spectre de plusieurs couleurs, chacune ayant une longueur d’onde différente. Lorsqu’elle traverse une lentille simple, celle-ci agit comme un prisme et courbe différemment chaque couleur. Le résultat ? Les longueurs d’onde (rouge, vert, bleu) ne convergent pas exactement au même point sur le plan focal, c’est-à-dire votre capteur. Cette dispersion spectrale crée les fameuses franges colorées. On distingue principalement l’aberration axiale (franges magenta/vertes sur les zones floues) et l’aberration latérale (franges violet/jaune sur les zones nettes à fort contraste, typiques des branches d’arbres).

La différence de prix entre les objectifs s’explique en grande partie par la complexité des formules optiques conçues pour contrer ce phénomène. Les fabricants utilisent des verres spéciaux dont la composition et les propriétés de réfraction minimisent cette dispersion. Il existe plusieurs niveaux de correction :

  • Verres achromatiques : Ils sont conçus pour faire converger deux longueurs d’onde (généralement le rouge et le bleu) au même point. C’est la correction de base, mais elle laisse des franges résiduelles (souvent vertes ou violettes).
  • Verres ED (Extra-low Dispersion) : Ces verres à très faible dispersion réduisent significativement le spectre secondaire, alignant bien mieux l’ensemble des couleurs sur le même plan focal.
  • Verres apochromatiques (APO) : Le summum de la correction. Ces formules optiques complexes font converger trois longueurs d’onde ou plus, éliminant quasi totalement les aberrations chromatiques visibles.

Un objectif bon marché utilise généralement des lentilles simples ou achromatiques, tandis qu’un objectif haut de gamme intègre plusieurs éléments en verre ED ou est de conception apochromatique. L’étude de la lunette SVBONY SV503, par exemple, montre qu’en étant équipée d’un objectif ED, elle offre une correction bien supérieure à une lunette achromatique standard, réduisant drastiquement les franges. Cette correction physique est si efficace sur les bons objectifs que l’aberration chromatique devient invisible, passant sous un seuil de perception de 0,03 mm sur le capteur, selon les mesures de spécialistes comme DxO.

Comment créer un profil de correction par défaut à l’importation ?

Puisque l’aberration chromatique est un défaut prévisible lié à un couple boîtier/objectif spécifique, les logiciels de développement photo comme Adobe Lightroom ou Camera Raw intègrent des profils de correction. Ces profils, créés en laboratoire pour des milliers de combinaisons, savent précisément comment un objectif donné déforme la lumière et appliquent automatiquement une correction pour les aberrations et la distorsion. Activer cette correction à chaque fois peut être fastidieux, mais il est possible d’automatiser entièrement le processus pour gagner un temps précieux.

Interface de Lightroom montrant les panneaux de correction d'objectif avec les options d'aberration chromatique

En créant un paramètre prédéfini appliqué par défaut lors de l’importation de vos photos, vous vous assurez que cette correction de base est effectuée sur toutes vos images sans aucune action de votre part. C’est la première ligne de défense, efficace dans 80 % des cas pour les objectifs modernes et reconnus par le logiciel.

Plan d’action : Automatiser la correction des aberrations dans Lightroom

  1. Ouvrez une image RAW dans le module Développer et allez au panneau Corrections de l’objectif.
  2. Dans l’onglet Profil, cochez la case « Activer les corrections de profil » pour que Lightroom identifie votre objectif.
  3. Cochez également la case « Supprimer l’aberration chromatique » pour activer la correction automatique des franges.
  4. Allez dans le menu « Développement » > « Nouveau paramètre prédéfini », donnez-lui un nom (ex: « Correction de base ») et ne cochez que les cases « Corrections de l’objectif ».
  5. Dans le module Bibliothèque, lors de l’importation de nouvelles photos, allez dans le panneau « Paramètres de développement » et sélectionnez le paramètre que vous venez de créer.

Cependant, cette méthode a ses limites. Elle ne fonctionnera pas pour les objectifs anciens ou manuels non reconnus, et elle peut s’avérer insuffisante sur des scènes à très fort contraste où les aberrations sont particulièrement prononcées. Dans ces cas-là, une intervention manuelle devient nécessaire.

Pipette ou curseurs : quelle méthode pour les aberrations tenaces ?

Lorsque la correction automatique ne suffit pas, les logiciels comme Lightroom offrent des outils manuels redoutables, situés dans l’onglet « Manuel » du panneau « Corrections de l’objectif ». Comme le soulignent des experts, photographier à très grande ouverture, par exemple à f/1.8, avec un objectif d’entrée de gamme est une recette quasi infaillible pour générer des aberrations chromatiques très marquées que l’automatisme ne pourra pas totalement résorber. Face à ces franges tenaces, deux approches complémentaires s’offrent à vous : la pipette et les curseurs.

L’outil Pipette est la méthode la plus intuitive. En zoomant fortement sur la zone affectée (au moins 200 %), vous sélectionnez l’outil pipette et cliquez directement sur la frange colorée la plus visible. Le logiciel analyse la couleur ciblée (par exemple, un violet précis) et applique une correction pour la neutraliser. C’est un excellent point de départ qui résout souvent le problème en un seul clic. La magie de cet outil est qu’il définit automatiquement la plage de teintes à corriger.

Toutefois, la pipette peut parfois être trop large dans sa sélection ou, au contraire, ne pas couvrir toute l’étendue de la frange, qui peut varier légèrement de couleur. C’est là que les curseurs manuels entrent en jeu. Ils permettent un contrôle chirurgical :

  • Le curseur « Quantité » : Il ajuste l’intensité de la correction. Après avoir utilisé la pipette, vous pouvez le pousser plus loin si des résidus de frange persistent, ou le réduire si la correction est trop forte.
  • Les curseurs de « Teinte » (Violet / Vert) : Ce sont les plus importants. Ils définissent la plage de couleurs exacte qui sera affectée par la correction. Si la pipette a sélectionné un violet qui empiète sur les bleus du ciel, vous pouvez resserrer les deux extrémités du curseur « Violet » pour cibler uniquement la teinte de la frange, préservant ainsi le reste de l’image.

La meilleure méthode consiste souvent à combiner les deux : commencer avec la pipette pour obtenir une base de correction rapide, puis affiner avec les curseurs de teinte et de quantité pour un résultat parfait et sans dommage collatéral.

L’erreur de désaturer le violet de toute l’image pour corriger une frange

Face à une frange violette tenace, une erreur fréquente chez les photographes est de vouloir utiliser une solution de facilité : se rendre dans le panneau de réglage des couleurs TSL/TSV (Teinte, Saturation, Luminance) et de simplement réduire à zéro la saturation du curseur « Violet » ou « Magenta ». Si la frange disparaît effectivement des branches d’arbres, cette action globale est une véritable bombe à fragmentation pour votre image. Elle va désaturer toutes les nuances similaires présentes dans la scène, qu’elles soient légitimes ou non.

Étude de cas : Le champ de lavande sacrifié

Un photographe a tenté de corriger des franges violettes sur des arbres en contre-jour dans une photo comprenant aussi un magnifique champ de lavande au premier plan. En appliquant une désaturation globale du violet via le panneau TSL, il a parfaitement corrigé les arbres, mais a simultanément rendu le champ de lavande entièrement gris et terne. Il a détruit l’un des sujets principaux de sa photo en voulant corriger un détail. La solution aurait été d’utiliser un outil de réglage ciblé pour ne traiter que les franges sans affecter les violets naturels de la scène.

Cette approche est non seulement destructive pour la richesse chromatique de votre photo, mais elle trahit une incompréhension de la nature locale du problème. La bonne méthode consiste à isoler la correction uniquement là où elle est nécessaire. Pour cela, plusieurs techniques sont à privilégier :

  • Utiliser l’outil de correction manuelle des aberrations : Comme vu précédemment, les curseurs de cet outil sont spécifiquement conçus pour n’affecter que les franges sur les contours à fort contraste, sans toucher aux couleurs des aplats.
  • Utiliser des masques locaux : Si le problème persiste, vous pouvez utiliser un pinceau de retouche ou un filtre radial dans votre logiciel. Peignez un masque sur la zone des branches affectées, puis appliquez une désaturation sélective ou un changement de teinte uniquement sur cette zone. C’est plus fastidieux, mais garantit une préservation totale du reste de l’image.
  • Identifier la zone avec l’outil de réglage ciblé : Zoomez à 100 % et utilisez l’outil TSL ciblé en cliquant directement sur la frange pour isoler la nuance précise. Ajustez la saturation de cette teinte spécifique avec parcimonie (souvent -70 à -80 suffisent) et vérifiez immédiatement l’impact sur le reste de la photo.

Retenez que la correction d’un défaut optique ne doit jamais se faire au détriment de l’intégrité esthétique de votre image. La précision et la localisation sont les maîtres-mots.

À quelle ouverture votre objectif est-il le plus propre chromatiquement ?

La meilleure correction est souvent la prévention. Si le post-traitement offre des solutions puissantes, agir directement à la prise de vue en connaissant son matériel est encore plus efficace. L’un des paramètres les plus influents sur l’apparition des aberrations chromatiques est l’ouverture du diaphragme. En règle générale, les aberrations sont maximales à la plus grande ouverture de votre objectif (ex: f/1.4, f/1.8) et diminuent progressivement à mesure que vous fermez le diaphragme.

Cela s’explique par la physique des lentilles : à pleine ouverture, vous utilisez toute la surface du verre, y compris les bords, qui sont les plus difficiles à corriger et qui provoquent le plus de dispersion lumineuse. En fermant le diaphragme, vous bloquez la lumière passant par les bords de la lentille et ne laissez passer que celle qui traverse le centre, une zone optiquement plus parfaite. D’après les experts Adobe, fermer le diaphragme autour de f/5.6 ou f/8 est une pratique courante pour atteindre le « sweet spot » de l’objectif, où le piqué est optimal et les défauts optiques comme les aberrations sont minimisés.

Série de photos montrant l'évolution des aberrations chromatiques selon différentes ouvertures

Chaque objectif étant différent, il est judicieux de réaliser un test simple pour découvrir le « sweet spot » chromatique de votre propre matériel. Ce savoir vous permettra de choisir la meilleure ouverture en fonction de la scène, en faisant un compromis éclairé entre la profondeur de champ souhaitée et la propreté de l’image.

  • Choisissez une scène en fort contre-jour, comme des branches sombres sur un ciel très lumineux.
  • Montez votre appareil sur un trépied pour que le cadrage soit identique d’une photo à l’autre.
  • Prenez une série de photos à différentes ouvertures, par exemple de f/1.8 à f/11, en ajustant la vitesse pour conserver la même exposition.
  • Importez les images dans votre logiciel sans appliquer de correction automatique.
  • Zoomez à 200 % sur les zones de contraste et comparez l’intensité des franges. Vous identifierez rapidement l’ouverture à partir de laquelle les aberrations deviennent négligeables.

Cette connaissance vous donne un contrôle créatif immense : pour un portrait, vous pouvez choisir de rester à grande ouverture pour le bokeh en acceptant une légère correction à faire, tandis que pour un paysage, vous saurez qu’il faut privilégier f/8 pour une netteté impeccable d’un bord à l’autre.

L’erreur de traitement HDR qui crée des auréoles moches autour des arbres

Le High Dynamic Range (HDR) est une technique fantastique pour capturer des scènes à très fort contraste, mais un traitement agressif est une cause fréquente d’apparition de halos et de liserés disgracieux, notamment autour des arbres. Comme le relève le site PSpourphotographes, il arrive souvent, après post-traitement, qu’on retrouve un liseré, un halo, un bavage sombre autour d’un sujet ou sur une zone contrastée. Ce problème ne vient pas directement d’une aberration chromatique, mais du processus de « tone mapping ».

Le tone mapping consiste à compresser la très large plage de luminosité d’un fichier HDR 32-bits dans un format visible sur un écran standard. Pour ce faire, les algorithmes renforcent les micro-contrastes locaux. Des curseurs comme « Clarté », « Texture » ou « Correction du voile », lorsqu’ils sont poussés à l’extrême, peuvent créer des transitions artificielles entre les zones claires (le ciel) et les zones sombres (les arbres). Le logiciel tente de « détourer » les objets, et ce processus génère souvent une auréole sombre ou, pire, un liseré coloré qui ressemble à une aberration chromatique.

Pour éviter ce piège, une approche préventive et modérée du traitement HDR est essentielle. Plutôt que de corriger un problème que vous avez vous-même créé, adoptez un flux de travail plus propre :

  • Fusionnez d’abord, traitez après : Dans votre logiciel HDR, fusionnez vos différentes expositions en un fichier HDR 32-bits, mais sans appliquer d’ajustement tonal automatique (tone mapping).
  • Corrigez les défauts sur le fichier 32-bits : Sur ce fichier « brut » de fusion, appliquez d’abord les corrections d’objectif pour supprimer les véritables aberrations chromatiques.
  • Appliquez le tone mapping avec modération : Ensuite seulement, procédez au tone mapping. Soyez très léger sur les curseurs de clarté et de contraste local (éviter de dépasser +30 sur la clarté est une bonne règle de base).
  • Utilisez des masques de luminosité : Pour un contrôle total, utilisez des masques de luminosité pour protéger les contours. Vous pouvez ainsi renforcer le contraste dans le ciel sans « baver » sur la silhouette des arbres.
  • Vérifiez à 100 % : Avant d’exporter votre image finale, zoomez toujours à 100 % sur les zones de transition pour vérifier l’absence de halos.

Un bon traitement HDR doit paraître naturel. Si vous voyez des halos, c’est le signe que le traitement a été trop loin. Un photographe paysagiste ayant créé des halos violets prononcés a pu les corriger en réduisant la Clarté et en utilisant un pinceau de retouche avec une valeur négative de « Correction du voile » localement sur les auréoles.

Quand retirer le polarisant : la gestion des 1 à 2 stops de lumière perdus

Le filtre polarisant circulaire (CPL) est souvent considéré comme l’accessoire indispensable du photographe de paysage. Il densifie le bleu du ciel, réduit les reflets sur l’eau et la végétation, et sature les couleurs. Cependant, son utilisation n’est pas sans conséquences sur les défauts optiques. Un filtre polarisant est une couche de verre supplémentaire placée devant votre objectif, et sa première conséquence est une réduction de la lumière transmise. En effet, un filtre polarisant fait perdre entre 1 et 2 stops de lumière, selon sa qualité et son orientation.

Cette perte de lumière vous oblige à compenser pour obtenir une exposition correcte, soit en augmentant le temps de pose, soit en montant en sensibilité (ISO), soit en ouvrant davantage le diaphragme. C’est ce dernier point qui peut poser problème : si vous êtes forcé d’ouvrir à f/2.8 alors que le « sweet spot » de votre objectif est à f/8, vous augmentez mécaniquement le risque de générer des aberrations chromatiques. De plus, un filtre de mauvaise qualité peut lui-même introduire ses propres défauts optiques, y compris des aberrations.

La décision de garder ou de retirer le polarisant doit donc être un compromis calculé. Le tableau suivant résume les situations les plus courantes :

Polarisant vs Aberrations : analyse du compromis
Situation Avec polarisant Sans polarisant Recommandation
Contre-jour intense Perte de 2 stops, risque d’aberrations augmenté par l’ouverture compensatoire. Plus de lumière disponible, aberrations mieux gérées en fermant le diaphragme. Retirer le polarisant
Angle à 90° du soleil Effet polarisant maximal, perte de lumière acceptable et bénéfice supérieur. Pas d’effet sur les reflets ou le ciel. Garder le polarisant
Objectif bas de gamme à f/1.8 Cumul des défauts : aberrations de l’objectif + perte de lumière du filtre. Aberrations déjà présentes mais plus faciles à gérer en post-traitement. Retirer le filtre et fermer à f/4 si possible

En situation de contre-jour, là où les aberrations chromatiques sont les plus probables, l’effet du polarisant est de toute façon minimal. Le retirer vous donne plus de latitude pour choisir une ouverture optimale et obtenir une image plus propre techniquement, quitte à ajuster la saturation du ciel en post-traitement.

À retenir

  • La source des aberrations est physique (dispersion de la lumière), un défaut que les objectifs de qualité corrigent nativement avec des verres spéciaux (ED, apochromatique).
  • La correction logicielle doit être chirurgicale et locale (pipette, masques) pour ne pas détruire les couleurs naturelles de l’image, contrairement à une désaturation globale.
  • La meilleure prévention est de connaître le « sweet spot » chromatique de son objectif (souvent entre f/5.6 et f/8) pour minimiser les franges dès la prise de vue.

Quel objectif 50mm offre le meilleur piqué pour un budget de moins de 400 € ?

L’investissement dans un objectif de qualité est la solution la plus pérenne pour lutter contre les aberrations chromatiques. Pour un budget maîtrisé, la focale fixe de 50mm est un excellent choix, réputée pour son rapport qualité-prix et sa grande ouverture. Cependant, tous les 50mm ne se valent pas, surtout en ce qui concerne la gestion des défauts optiques en situation de contre-jour. Pour un budget inférieur à 400 €, le marché offre des options allant du très basique au quasi professionnel, avec des performances chromatiques très variables.

Le tableau ci-dessous compare quatre modèles populaires, en se concentrant sur leur capacité à gérer les aberrations chromatiques, un critère aussi important que le piqué central pour le photographe de paysage exigeant.

Comparatif 50mm et gestion des aberrations chromatiques
Modèle Prix moyen Piqué central Aberrations chromatiques Note contre-jour
Canon EF 50mm f/1.8 STM 150€ Excellent dès f/2.8 Visibles à f/1.8, correctes à f/2.8 7/10
Nikon AF-S 50mm f/1.8G 220€ Très bon dès f/2 Bien contrôlées même à pleine ouverture 8/10
Yongnuo 50mm f/1.8 80€ Correct à f/2.8 Fortes franges violettes jusqu’à f/4 5/10
Sigma 50mm f/1.4 DG ART (occasion) 350€ Exceptionnel dès f/2 Excellente correction, quasi inexistantes 9/10

L’analyse de ce comparatif est révélatrice. Le Yongnuo, bien qu’extrêmement abordable, paie son prix par une forte sensibilité aux aberrations, nécessitant un travail de post-traitement conséquent. Les objectifs de marque comme le Canon et le Nikon offrent un excellent compromis, avec une bonne maîtrise des franges dès qu’on ferme légèrement le diaphragme. Le Sigma de la série ART, trouvable d’occasion dans ce budget, se démarque nettement par sa correction optique quasi parfaite dès la pleine ouverture, démontrant l’efficacité de sa formule optique complexe. Comme le conseille le photographe Arnaud Dauphin dans son guide sur les aberrations chromatiques :

Le choix de votre matériel photographique est crucial pour minimiser l’aberration chromatique. N’hésitez pas à investir dans des objectifs performants pour profiter pleinement de votre passion.

– Arnaud Dauphin, Guide des aberrations chromatiques

Cet investissement n’est pas une dépense, mais une économie de temps en post-production et un gain en qualité d’image finale.

Maintenant que vous comprenez la science derrière les franges violettes, de leur origine physique à leur correction chirurgicale, l’étape suivante est entre vos mains. Analysez vos propres images pour appliquer ces techniques de correction, testez vos objectifs pour découvrir leur potentiel caché, ou évaluez si un nouvel investissement matériel est le pas décisif pour atteindre la qualité d’image que vous visez.

Rédigé par Marc Delorme, Ingénieur optique de formation et testeur technique spécialisé, Marc décortique les capteurs et les objectifs depuis 15 ans pour séparer le marketing de la réalité physique.